Baraladei Daniel Igali est né et a grandi dans les plaines intérieures du delta du fleuve Niger
dans un village appelé Eniwari qui est situé dans l’état du Bayelsa au Nigeria.
Son désir d’exceller en lutte se manifeste à 16 ans, en 1990. À Eniwari, une
communauté pauvre où les programmes sportifs n’existent pas, la lutte a
toujours fait partie de la culture. Au fond, ce que le hockey représente pour
les Canadiens, la lutte l’est aux yeux des Ijaws.
Le
pays n’offrait pas de compétitions selon les différentes catégories d’âge mais
dans une famille de 20 frères et sœurs, Daniel ne manquait jamais d’adversaires
potentiels pour pratiquer la lutte. En découvrant qu’il était particulièrement
doué, Daniel participe au Tournoi National de Lutte Senior de1990 et remporte
le titre. Mais c’est seulement une décennie plus tard qu’il retournera dans son
village en tant que héros national. Daniel est devenu le champion de l’Afrique
après avoir remporté la catégorie des 62 kgs à Pretoria, en Afrique du Sud et
au Caire, en Égypte en 1993 et 1994 respectivement. Sa carrière a pourtant
vraiment pris son envol lors des Jeux du Commonwealth au Canada en 1994. Il finit au 11ème rang mais ce
résultat décevant est la dernière chose à laquelle il songe. La situation
politique au Nigeria étant extrêmement instable et il était évident que d’y
poursuivre des études et une carrière axées sur le sport était presque
impossible. Il a donc pris la décision difficile de rester au Canada.
Tom Murphy lui a été d’une aide significative durant ses débuts sur le
sol canadien. Il a ensuite fait la connaissance de Dave McKay au Douglas
College et de Mike Jones à l’université Simon Fraser. Les deux hommes sont
devenus ses amis et mentors. Grâce aux conseils de Dave et de Mike, Daniel fut en
mesure d’établir un record de 116 à 0 au niveau collégial, un exploit qui n’a
pas encore été égalé à la NAIA. En 1996, durant le match final du Clansman International Tournament, Daniel menait par 7 à 4 contre
l’Américain Terry Steiner. Dans les 10 dernières secondes, il concéda 3 points
à son adversaire et perdit le match en prolongation. Ce fut un moment décisif dans sa carrière et
il se promit qu’une telle humiliation ne lui arriverait plus jamais. Avec
l’aide de ses entraîneurs, il changea tout de suite de routine d’entraînement
et remporta la 4ème place aux Championnats du Monde de Téhéran, en
Iran, en 1998. Un an plus tard, en 1999, il finit au 2ème rang lors
de la Coupe du Monde, même si beaucoup pensaient qu’il aurait dû gagner, et en
septembre de cette même année il est devenu le premier champion canadien en
lutte chez les hommes après avoir remporté six matchs de suite pour obtenir la
médaille d’or dans la catégorie des 69 kgs aux Championnats de lutte style
libre à Ankara, en Turquie.
Aux Jeux Olympiques de
Sydney en 2000, il atteint son apogée lorsqu’il est proclamé Champion Olympique
en devenant le premier canadien à remporter une médaille d’or en lutte. Il a
dédié cette victoire à Maureen Matheny, sa « mère adoptive » à
Burnaby, en C.-B., qui lui avait enseigné à profiter de chaque instant de la
vie et lui avait promis d’être là avec lui à Sydney. Maureen est décédée d’un
cancer peu après les Championnats du Monde de 1999.
Parmi ses passe-temps favori, Daniel inclut
le Kabaddi, un sport originaire de l’Inde orientale qu’il décrit comme
« le rugby sans ballon », le soccer, les jeux vidéo, la politique
internationale et les romans mystère. Daniel est le président de la Fondation
Igali Inc. une organisation sans but lucratif qui aide les enfants pauvres
partout dans le monde. Daniel consacre beaucoup de son temps au "Keep Sweating Tour" qui lui permet
de rencontrer des étudiants, différents groupes et entreprises et de parler des
bénéfices de mener une vie en santé, de faire des choix judicieux et d’être de bons voisins.
Il a, à deux reprises, été nommé Athlète Amateur Masculin de l’Année.
Daniel est en train de faire une maîtrise en criminologie à l’université Simon
Fraser et il est un conférencier populaire et recherché. Il a récemment réalisé
un autre objectif, celui de construire une nouvelle école et un centre
communautaire dans son village natal. Après avoir subit une fusion vertébrale,
Daniel a encore une fois fait preuve de courage lors des Jeux Olympiques
d’Athènes en 2004 en se classant 6ème. Regardant l’avenir avec optimisme, Daniel
maintient qu’il veut continuer à participer à des compétitions de lutte encore
quelques années, même s’il ne participera peut-être plus à des Jeux Olympiques.